Vers des églises davantage tournées vers la mission
L'équipe d'Afrigo
Ndivhuho Ranwedzi, pasteur président de la Mission de la foi apostolique d’Afrique du Sud
Centre Revival, Atteridgeville
L’Église devrait se souvenir de l’enseignement de Matthieu 28:19 : « Allez donc, dans toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ».
Une Église vivante ne se limite pas à son bâtiment, mais se préoccupe de son environnement, tant au niveau local que mondial. Pouvez-vous imaginer une église dont le seul intérêt est de voir les gens affluer dans son bâtiment le dimanche ? Il est certain que cette église sera déconnectée des réalités de la communauté et qu’elle perdra rapidement sa raison d’être.
Il est impératif pour un pasteur de réfléchir à la réponse de l’Église face aux défis sociétaux au sein de sa communauté et au-delà. L’approche devra être une stratégie missionnaire intentionnelle qui relie l’église et la communauté. Une église ne doit pas se contenter d’une approche basée sur l’attraction, elle doit aussi être missionnaire. Une église qui se contente d’attirer les gens rate l’occasion d’avoir un impact sur le monde. Le clergé joue un rôle clé dans l’orientation d’une église vers la mission, notamment en proposant des programmes de renforcement des capacités.
L’effort missionnaire est surtout le fait des dénominations catholiques et protestantes traditionnelles, plutôt que des églises indépendantes. Toutefois, la plupart de ces ministères indépendants disposent de ressources suffisantes pour mener à bien cette tâche et avoir un impact considérable. En général, ils commencent par un aspect missionnaire, mais atteignent un stade où ils deviennent attractifs, en particulier lorsqu’ils sont bien connus. J’encourage les pasteurs des églises à se reconnecter à Matthieu 28:19.
Notre pasteur a rendu possible notre appel missionnaire
Patrick Nabwera
La prière a été un besoin crucial. Ma femme et moi travaillons loin de notre pays d’origine et notre pasteur mobilise toute la congrégation pour prier pour nous. Lors du culte du dimanche, il leur demandait de regarder en direction de notre champ de mission et de prier, puis il clôturait la prière.
Une fois, notre pasteur ne pouvait pas nous apporter un soutien financier. Il m’a pris par la main et a prié : « Dieu, nous n’avons rien à leur donner, mais nous prions pour que tu subviens à leurs besoins ». Et bien entendu, le Seigneur a pourvu. Mon pasteur était honnête et je connaissais la situation. Le moment venu, il a mobilisé l’église pour qu’elle nous soutienne.
Une autre fois, il a envoyé une sœur pour nous rendre visite dans notre champ de mission, à 2500 km de route. Voir cette sœur était comme voir un ange. Sa présence n’était pas seulement encourageante, mais aussi une occasion pour elle de retourner et de partager avec le pasteur et l’église les réalités de notre champ de mission. Cela a augmenté la prière et la préoccupation pour nous.
Nos enfants allaient à l’école non loin de notre église et souvent, nous ne pouvions pas leur rendre visite à cause de la distance. Notre pasteur, sa femme, son assistant et quelques membres de l’église leur rendaient visite. Grâce à ce soutien, nous savions que nous n’étions pas seuls.
Pendant notre repos à la maison, notre pasteur nous invitait à partager nos témoignages avec la congrégation. Plus tard, il s’est joint au petit groupe venu écouter d’autres histoires. Sa présence à la réunion permettait aux autres d’en saisir l’importance. En outre, il prenait toujours le temps d’échanger, d’écouter notre parcours missionnaire et les prochaines étapes. Il a constamment rappelé à la congrégation de nous soutenir, ce qui a accru la valeur de notre travail aux yeux de notre église.
Je compare les missions interculturelles à une marche sur deux jambes. Une jambe est « aller » et l’autre est « envoyer ». Tout comme il est fatigant, lent et difficile de sauter sur une seule jambe, il en va de même pour les missions sur une seule jambe – aller sans envoyer. Paul demande : « Et comment prêcheraient-ils s’ils n’étaient pas envoyés ? ». (Rom. 10:15a). Et Jean dit que ceux qui envoient doivent le faire d’une manière digne de Dieu (3 Jn. 6). Une église locale est cruciale pour un travail missionnaire efficace. Et la clé de l’église locale est son dirigeant, le pasteur.