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Le risque, en vaut-il vraiment la peine?

DR Chinedu Oranye

Les objectifs des missions chrétiennes valent-ils vraiment les risques qu’elles encourent ?

C’est une des questions les plus importantes que l’on se pose de nos jours. Mais devrions-nous plutôt nous demander: « Ceux qui sont perdus, valent-ils la peine de ce risque ? Vaut-il la peine de se placer en situation de risque pour apporter Jésus à des peuplades oubliées ? Ou, en langage plus tranchant : « L’obéissance à Jésus vaut-elle le risque ? » J’écris du point de vue d’un pratiquant qui, ayant vécu et travaillé pendant la plus grande partie de mes 24 ans de service dans des contextes difficiles, a été emprisonné deux fois pour sa foi. Cela en a-t-il valu la peine ? Oui ! Le monde ne va pas se soumettre à Jésus sans lutte. On ne peut parler de changement au niveau mondial et de victoires spirituelles sans parler aussi du coût de ces objectifs. C’est sur la croix que Jésus a remporté la victoire sur le monde et nous sommes appelés à vivre la réalité de cette victoire dans l’amour. Il va de soi que cela provoquera des représailles du camp de Satan, représailles pour lesquelles nous devons donc être prêts.

Soyons prêts!

Le prophète Agabus s’était lié les mains et les pieds avec la ceinture de Paul et avait prophétisé à son sujet en disant: « Voici ce que déclare le Saint-Esprit : l’homme à qui cette ceinture appartient, les Juifs le lieront de cette manière à Jérusalem et le livreront entre les mains des païens » (Actes 21.11). La réponse de Paul s’adresse à la question des risques pris pour Jésus. « Qu’avez-vous à pleurer et à me briser le cœur ? Car moi, je suis prêt non seulement à être lié mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom du Seigneur Jésus » (21.13). Le mot « mission » inclut la notion de prise de risques. Une mission n’est plus une mission si l’on en supprime le facteur de risque. La mission consiste à travailler avec d’autres pour renverser les stratagèmes de Satan et donner à Jésus sa place de Souverain. Cette simple pensée produira des représailles de l’ennemi.

Paul est prêt à cela. Les Apôtres de l’Église primitive étaient prêts à cela. L’Église du premier siècle était prête à cela. Mais malheureusement, notre génération fait tout pour l’éviter. Souffrir pour Christ et prendre des risques dans le cadre de la mission font partie intégrante de ce que nous croyons. Nous devrions le promouvoir et non en renier la valeur. Le monde respecte une passion véritable et un engagement total. Si donc, notre amour pour Christ et pour sa cause ne grandit pas au point même d’être prêt à tout abandonner pour Lui, personne ne prendra l’Évangile au sérieux. La lutte pour les nations requiert un engagement total pour Jésus, sans excuse et sans équivoque. En pratique, elle implique la volonté de faire n’importe quel sacrifice pour Le faire connaître. Notre amour pour Jésus doit dépasser le domaine des sentiments éphémères. Il doit être un acte spirituel volontaire, une décision consciente et délibérée de Le suivre, jusqu’aux extrémités mêmes de la terre. En Jean 21.18-19, Jésus avait déclaré à Pierre : « Quand tu étais plus jeune, tu attachais toi-même ton vêtement et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te l’attachera et te mènera où tu ne voudras pas. Il dit cela pour indiquer par quelle mort Pierre glorifierait Dieu… ». Il existe une mort qui glorifie Dieu. C’est la mort qui survient à l’endroit, à la manière et au moment qu’Il aura choisi. Le disciple faisant preuve de maturité ne détermine pas lui-même l’endroit où il ira vivre ni la manière dont il mourra. Il remet sa vie entre les mains de son Dieu d’amour. Il désire plaire à Jésus, même si c’est au prix de la souffrance ou de la mort. Je n’entends pas ainsi défendre un comportement insensé ou imprudent qui provoquerait inutilement la persécution ou la souffrance. Je ne suggère pas davantage que tout missionnaire devrait endurer de la souffrance physique ou mourir d’une mort horrible pour sa mission. Mais nous avons reçu l’ordre d’aimer Jésus et de Le suivre quel qu’en soit le prix. Nous devons appeler l’Église et le mouvement missionnaire à revenir à un engagement total pour Christ. Suivre Christ requiert une loyauté entière : c’est la marque radicale du disciple. Lorsque la souffrance et la douleur deviennent nécessaires dans notre ministère, il ne s’agit pas de reculer devant elles mais de nous confier à Dieu au moment de passer par le feu de l’amour. Tout style de vie limitant cette communion avec Christ est un modèle de vie bizarre et inacceptable pour le croyant selon le Nouveau Testament.

Le Dr Chinedu Conrad Oranye est un homme rempli d’un amour passionné pour Jésus. Il n’a qu’un but : celui de susciter une génération de chrétiens radicaux dans leur passion et extrêmes dans leur amour pour Christ et leur obéissance à sa Parole. Il est Directeur International de Calvary Ministries CAPRO (Nigéria) et membre de la faculté internationale de Haggai Leadership Institute à Hawaii (USA).www.capromissions.org ; www.restlesspilgrim.org