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République Centrafricaine : Apporter la bonne nouvelle alors que la guerre fait rage.

L'équipe d'Afrigo

Anatole Banga sait exactement ce que signifie risquer sa vie pour l’Évangile. Depuis 2012, la guerre et l’activité de dissidents rebelles sont directement en cause pour les meurtres de plusieurs pasteurs et la destruction d’églises en Centrafrique. À l’instar d’Anatole et sa famille, de nombreux ministres de l’Évangile ont servi Dieu dans un climat hautement dangereux. « La situation dans le pays faisait en sorte que les communautés musulmanes s’opposaient aux communautés chrétiennes même si le cœur du problème était politique », raconte Anatole, « mais à ma grande surprise, plusieurs continuent de risquer leur vie pour partager l’Évangile, et plusieurs se convertissent. Honneur et gloire pour notre Seigneur ! » En 1986, Anatole est devenu un enfant de Dieu alors qu’il étudiait en Chine. « J’étais ingénieur agronome lorsque j’ai rencontré le Seigneur », explique Anatole. « À ma conversion, le Seigneur a mis le peuple chinois sur mon coeur. Durant quatre ans, je me suis dévoué à l’évangélisation et à l’implantation d’églises invisibles ». « Lorsque Dieu me confirma mon appel au ministère, je me disais que la Chine était mon champ missionnaire. Au cours de ma formation, Dieu a changé cela. De l’Afrique de l’Ouest en passant par l’Europe, je pensais donc que c’est en Suisse que Dieu voulait que je m’établisse, mais enfin, non pas en Asie, ni sur le « Vieux continent », mais bien en Afrique ». C’est ainsi qu’Anatole retourna en Centrafrique où le Seigneur lui permit d’établir un ministère d’implantation d’églises, Fondation Jérusalem. Plus tard, en 1996, un second ministère à vocation missionnaire et ayant un accent sur les groupes sans l’Évangile vit le jour, Nations en marche, au sein duquel il est encore actif. « J’ai placé le leadership entre les mains des églises pour m’investir uniquement dans l’évangélisation », dit-il. Le premier groupe vers qui mon équipe s’est tournée fut les Pygmées, un peuple animiste ». Afin de rejoindre ce peuple, il fallait tout d’abord le trouver. Tâche difficile, car ce dernier s’est réfugié profondément dans la jungle, afin de s’éloigner du tumulte de la guerre et des mauvais traitements reçus de la tribu Bantu. Au début, Anatole s’est lancé seul dans cette entreprise de trouver ces personnes, et ce sans vraiment avoir de formation spécifique liée à ce peuple en question. « Le Seigneur m’a aidé », mentionne-t-il. « Je lui suis reconnaissant de n’avoir pas commis trop d’erreurs, ce que je réalisai après avoir finalement reçu la formation appropriée et fait des recherches à leur sujet ». Entre ces premiers jours et aujourd’hui, la vie des Pygmées a clairement changé. La mission les a aidés à construire des maisons et à acquérir des habiletés leur permettant de travailler et gagner leur vie. Pour les adultes, des cours d’alphabétisation sont offerts et pour les enfants, une école rurale a vu le jour, et pour la santé de tous et de chacun, une clinique est maintenant opérationnelle. « La première station missionnaire a été fondée il y a environ 20 ans », spécifie Anatole, « et depuis ce jour, nous nous sommes rendus toujours plus loin dans la jungle pour trouver des familles et partager l’Évangile avec elles. Je me réjouis vraiment de ces avancées, non seulement parce que le peuple des Pygmées a reçu l’Évangile, mais aussi parce que certains ont été formés comme missionnaires. Aujourd’hui, ces derniers partent en mission vers des gens de leur tribu pour leur présenter l’Évangile.

Une onction de grâce spéciale

Anatole a aussi ressenti l’appel de Dieu quant à l’évangélisation des musulmans de Centrafrique vivant principalement à Bangui, la capitale. Puisqu’il n’avait aucune idée de ce qui l’attendait, il jeûna pendant 40 jours pour se dévouer à la prière, demandant à Dieu de le guider. Rapidement, il réalisa que les musulmans réagissent comme n’importe qui à l’amour, à l’amitié et à la compassion. Par la grâce de Dieu, les efforts d’évangélisation ont produit des fruits et certaines conversions. En 2000, Anatole participa à la création d’un 3ème ministère : le Centre de formation polytechnique de Bangui. Malheureusement, les dernières décennies de ce pays africain peuvent se résumer par les mots « guerre » et « conflits ». C’est dans ce contexte qu’Anatole nous explique ses allées et venues : « Durant la crise, je voyageais afin de promouvoir la réconciliation parmi divers groupes. À Yaloké, nous nous sommes retrouvés entre les mains de rebelles armés musulmans et nous y avons presque laissé notre peau. Mais c’est sans relâche que nous avons organisé des réunions en divers lieux, appelant les gens à déposer les armes et à cesser la guerre. De nouveau, à Bouchia, notre vie a été mise en péril. À Boda, c’est le groupe Balaka qui nous courait après. Plus tard, alors que nous apportions des vivres à des frères croyants dans le besoin, et vivant loin des grands centres, nous y avons presque perdu notre vie sur la route. À cette occasion à Bangui, j’ai mis ma vie en jeu en voulant sauver un chef rebelle qui était à deux doigts de la mort. Au plus fort de la guerre, la famille d’Anatole cacha des musulmans chez eux afin de les protéger. Anatole ne fut pas le seul à subir les conséquences de cette guerre. En effet, sa femme faillit perdre la vie tandis que ses enfants furent traumatisés par tant de violence.

En janvier 2014, Anatole décida de déménager toute la famille à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, afin de lui permettre de vivre en sécurité et de panser ses plaies de toutes sortes. Malheureusement, l’année suivante, sa femme souffrit d’un AVC, ce qui obligea la famille à arrêter toute activité pour prendre soin de la maman. « Le Seigneur est intervenu et elle va mieux maintenant », raconte-t-il. « Elle a en elle une onction de grâce spéciale pour atteindre le coeur des musulmans, et je prie actuellement pour débuter le ministère auprès des musulmans dans ce pays de l’Afrique de l’Ouest ». En guise de conclusion, Anatole raconte à quel point il est encouragé de voir de nouveaux chrétiens se tenir debout pour leur foi et même prendre des risques pour partager l’Évangile. « Leur courage et leur disposition pour les musulmans en dépit du danger, prouvent que l’amour du Seigneur Jésus-Christ réside dans leur coeur ».