Sur les ailes du service national
Kate Azumah
Le coordinateur du service national était déconcerté : quelle raison pouvait bien pousser deux jeunes hommes à demander une affectation dans un village reculé, alors qu’une ville toute proche offrait le confort et les commodités ? La plupart des recrues auraient payé pour s’assurer une telle place. Son esprit soupçonneux alla jusqu’à imaginer qu’il s’agissait d’espions. Michael et Eben, quant à eux, servaient comme missionnaires au sein de Operation Serve Global (OSG). Pendant leurs six semaines de formation, ils avaient porté la communauté de Builsa dans la prière. Ils avaient préparé avec soin un séjour de dix mois, nourrissant l’espérance d’un grand impact pour Christ. Mais en fin de compte, aucune autre mission ne leur fut assignée
Operation Serve Global (OSG)
OSG forme et envoie des jeunes gens comme missionnaires auprès des non-atteints dans le cadre de leur service national. Au Ghana, le service national est obligatoire pour tous les diplômés des établissements d’enseignement supérieur. Le gouvernement les envoie servir dans des secteurs d’emploi au niveau national et leur verse des allocations mensuelles.
La coordinatrice principale de l’OSG, Mme Richess Okai, se souvient encore : « La décision d’envoyer des personnes effectuant leur service national a été inspirée par le Saint-Esprit. Le deuxième facteur a été le besoin que nous avons constaté dans les communautés non atteintes, c’est-à-dire un manque d’enseignants et une absence de la connaissance de Jésus-Christ ».
OSG recrute des missionnaires à travers l’organisation d’événements publics dans les campus. À la fin de leur année scolaire, les recrues entrent à l’Institut de formation de la Maison du Potier où ils sont outillés pour devenir des missionnaires efficaces et des agents de transformation.
Depuis son lancement en 2012, Dieu a appelé 174 missionnaires de l’OSG. Certains ont servi dans des communautés musulmanes. D’autres ont implanté des églises, fait le discipolat et lancé des clubs de formation professionnelle et de l’alphabétisation. « Comme nos missionnaires reçoivent des allocations mensuelles du gouvernement, leur prise en charge n’est pas difficile. Mais ils collectent tout de même des fonds en vue de la réalisation de certains projets sur le terrain », explique Mme Okai. On a demandé à Pascal, missionnaire de l’OSG, si faire la mission de cette façon revenait à voler le gouvernement. Il a répondu en ces termes : « Nous ne renonçons pas à nos devoirs d’agents publics. Nous sommes plutôt encouragés à les prendre au sérieux et à faire un pas de plus pour initier une transformation positive de la communauté ».
The Kingdom Projects
« Ne compliquons pas ce que Dieu a rendu facile », déclare le pasteur Sola Adebayo de The Kingdom Projects (TKP) au Nigeria. Le Maître n’a pas dit : « Quitte ton emploi et va dans le monde pour me servir ». Il a simplement déclaré : « Allez dans le monde entier et prêchez ». Fort de cette conviction, il rassemble des professionnels, des techniciens et des artisans chrétiens pour apporter l’Évangile aux nations. The Kingdom Project a trouvé des moyens durables pour former les travailleurs rémunérés par l’État afin que ceux-ci puissent servir comme missionnaires dans leurs postes de travail. Ces travailleurs peuvent accéder à des endroits hostiles aux missionnaires traditionnels. La communauté les accepte plus facilement et leur travail dans la fonction publique leur ouvre des portes autrement fermées au Christ. L’Institut des faiseurs de tente de TKP adapte la formation missionnaire à l’exercice des fonctions des agents publics. Les missionnaires de TKP se sont révélés efficaces dans l’évangélisation, la formation de disciples, l’implantation des églises, la mobilisation missionnaire, les missions médicales et les activités de développement communautaire. Le pasteur Sola raconte l’histoire de Mudu*, un Peul qui s’est converti à Christ grâce au ministère des missionnaires-enseignants de TKP. Il écoutait régulièrement la Bible à travers un poste radio alimentée à l’énergie solaire qu’on lui avait donnée et, après avoir appris le baptême de Jésus, il a demandé à être baptisé à son tour. Les missionnaires-enseignants ont accepté avec plaisir de le baptiser, mais ils l’ont fait à l’abri des regards indiscrets de la communauté musulmane. Une grande partie de l’Église africaine doit encore être mobilisée pour la mission. Pour les quelques personnes qui sentent l’appel à partir, la mobilisation des fonds constitue un obstacle. Operation Serve Global et The Kingdom Projects contournent ce problème en formant et en envoyant des fonctionnaires pour rejoindre l’équipe missionnaire au profit des non atteints.